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Un Couchsurfing surprenant à Meiktila

Les 27 et 28 Avril 2014

Si vous vous souvenez dans notre article «Moulmein ou Mawlamyine », nous vous parlions de Dimitri, un français que nous avions rencontré à notre hôtel. Il était à la fin de son voyage au Myanmar et nous avait joyeusement parlé de son expérience de couchsurfing dans un monastère à Meiktila. Cela nous avait paru très intéressant car comme nous vous l’avons déjà expliqué, la religion est omniprésente dans la vie quotidienne des birmans, 89% de la population est bouddhiste. Il est impossible de marcher dans la rue sans croiser un moine ou une none, nous avions donc très envie de comprendre un peu plus cette religion. Nous avons donc, nous aussi, contacté le moine Uvi Seita  afin de partager un moment avec lui.

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Ce matin, nous prenons donc le bus en direction de Meiktila. Après une bonne demi-heure de marche en plein soleil, nous trouvons la fameuse pagode où est censé vivre notre hôte. Nous ne savions pas trop à quoi nous attendre en arrivant. En fait, ce monastère est un ensemble de bâtisses ayant chacune leur fonction : certaines servent de salle de classe, d’autres de cantine, mais aussi de toits pour les itinérants souhaitant y passer une nuit. Uvi Seita est un moine de rang élevé dans le monastère et vit donc dans une petite maison de bois qu’il a pu choisir contrairement aux autres qui vivent plutôt dans des dortoirs.

Dès notre arrivée, Uvi Seita nous a très bien accueillis et nous a mis à l’aise: il nous a tout de suite offert un bon repas et nous a montré « notre » chambre qui est en fait la sienne. Il n’y a pas de lit, c’est donc par terre que l’on passera la nuit. Lui dort dans la salle commune avec certains autres moines du monastère. Nous avons passé pas mal de temps à discuter avec lui de la religion et de leur vie en tant que moine. Ce fut de très beaux moments, très intéressants. Nous avons appris énormément de chose sur le bouddhisme et de pouvoir « vivre » quelques jours dans un monastère est une expérience que l’on conseille à tout le monde.

Nous n’avons pas la prétention de vous faire un cours sur le bouddhisme mais nous allons tout de même essayer de vous expliquer ce que l’on a appris :

IMG_6839Les moines s‘astreignent à suivre les 227 règles contenus dans leur texte sacré : le Vinaya. Chaque birman doit passer une semaine, un mois ou une année dans un monastère. En général, les enfants deviennent novices pour au moins une semaine vers l’âge de 10-12 ans et reviennent ensuite vers l’âge de 20 ans pour une période plus longue. Pour nombre d’enfants pauvres, le monastère est le seul moyen d’avoir accès à l’éducation. Chacun peut rentrer dans les ordres, revenir un moment à la vie laïque puis revenir dans les ordres. Le monastère fut pour longtemps un pivot dans la vie des birmans assurant à la fois l’éducation religieuse que l’enseignement scolaire traditionnel.

Nous étions choqué au début du nombre de moine qui, le matin, font l’aumône. On se demandait comment des familles qui n’avaient déjà pas beaucoup de moyen arrivaient à donner presque tous les jours de la nourriture à tous ces moines. Nous comprendrons, en discutant avec Uvi Seita, que c’est avant tout un honneur pour le donateur, une occasion de réaliser une bonne action, et qu’à un moment de leur vie, ça sera à eux de recevoir et non de donner. De plus, le monastère offre le gite aux familles ou aux entreprises en besoin. Pendant que nous y étions, une famille y dormait car leur fils devait aller à l’hôpital le lendemain et il était impossible pour eux de s’y rendre directement depuis leur village. Il y avait également un birman qui venait pour sa deuxième fois dans ce monastère pour une période d’un mois dont la famille est une « donafriend », comme ils disent. Uvi a environ une vingtaine de famille donatrice qui lui offre à tour de rôle la nourriture pour chaque repas, mais aussi d’autres choses qui pourraient lui être utiles. C’est donc un vrai partage entre ces familles et les moines puisque le monastère accueille gratuitement les membres de ces familles pour autant de temps qu’ils le souhaitent, les moines prient pour eux et leur apprennent la méditation et toute la culture bouddhiste. Nous avons aussi vu les membres d’une société dormir dans le monastère parce qu’ils venaient travailler dans la région.IMG_6870

Nous avions lu que les accessoires des moines sont « sensés » se réduire à peu de choses : leur tenue qui est composée d’un ensemble de 3 pièces de tissu (dont les couleurs se déclinent à l’infini : en général rouge orangé, mais aussi rouge vif, jaune, safran, orange, marron), le bol à aumône, une aiguille à coudre, l’ombrelle, le rasoir, et l’éventail. … Les nonnes quant à elles sont vêtues d’une robe rose et ont une sorte de tissu sur la tête. Bon dans la réalité, ils ont beaucoup plus de choses dont télé, livres, internet et bien évidemment une tablette pour communiquer avec les couchsurfeurs !!! Ils vivent néanmoins très simplement, dorment par terre, ne mangent plus que des encas après 12h, se lavent dans des bacs à l’extérieur et passent leur journée à méditer, à étudier ou à enseigner (lorsque nous y étions, c’était les vacances).

Mais pourquoi un moine souhaite-il faire du couchsurfing ? Qu’est-ce que cela peut-il lui apportait ?

Nous avons posé ces questions à Uvi et voilà ce qu’il nous a répondu :

« J’ai décidé de dédier ma vie à Bouddha, ma mère a refait sa vie et ne me donne presque plus de nouvelles, mon frère qui vit à Yangon est la seule famille qu’il me reste. Depuis deux ans que je me suis inscrit sur Couchsurfing.com, j’ai désormais des dizaines d’amis à travers le monde qui m’envoient de temps en temps des cartes postales ou des mails. Du coup, je voyage au travers de mes hôtes et découvrent de nouvelles cultures. Je n’aurais certainement pas la chance de faire un tour du monde comme vous un jour mais grâce à vous et votre passage chez moi je m’évade un petit peu, ça me donne le sourire. J’aimerais aller en Inde sur les traces de Bouddha et mon plus grand rêve serait un jour de voir la Tour Eiffel. »

Il nous amène dans sa chambre et nous montre les photos accrochées au mur.

« Regardez j’ai des amis en Israel, en Suède, en France, en Colombie, en Italie mais aussi en Iran, en Argentine etc… c’est super, non !!?? »

C’était très touchant car nous sentions une légère tristesse dans sa voix montrant que son rêve serait de faire ce que nous faisions en ce moment mais que lui restera peut être toute sa vie à Meiktila… Quelle chance nous avons de voyager alors profitons-en ! et n’oublions jamais cette très belle rencontre.

Nous avons été ravis de passer ces quelques jours en sa compagnie et contribuer à le faire rêver, c’était un vrai échange, nous lui parlions de notre pays mais surtout de notre voyage en lui montrant nos photos et lui nous a initié à l’histoire et aux principes de sa religion. Nous aurions aimé rester plus longtemps mais dans 2 jours, notre avion décolle pour une nouvelle destination : les Philippines ! Nous n’avons donc pas le temps de rester plus longtemps.

Kyai Zou Tin Ba De  Uvi Seita!

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