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L’unique Bagan

Du 18 au 21 Avril

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Nous quittons Mandalay vers 13h, en compagnie de Suzie et Cliff, dans un bus tellement bondé que des gens sont assis dans la rangée du  milieu sur des tabourets en plastique ! Le trajet doit normalement durer 8h, nous nous demandons comment il est possible de voyager dans ces conditions !! Mais après tout ce que nous avons vu sur la route au Myanmar, plus rien ne nous choque.

IMG_5685Nous arrivons à Bagan vers 21h30 et nous nous rendons directement au Golden Myanmar Guesthouse que nous avions réservé la veille. Comme à notre habitude, nous glanons d’utiles  informations  auprès des employés de l’hôtel, et réservons des vélos électriques pour le lendemain. Ils nous conseillent vivement de partir très tôt le matin pour admirer le lever du soleil d’un toit d’un temple ou d’une pagode, visiter le site jusqu’11h, rester au frais à l’hôtel jusqu’à 15h et ressortir jusqu’au coucher du soleil. Il fait plus de 40°en ce moment à Bagan et il est, en effet, très difficile de rester dehors aux heures les plus chaudes.

Nous suivons donc leurs conseils et partons à 5h30 sur nos vélos électriques, avec les petits déjeuners à emporter qu’ils nous ont gentiment préparé. En fait, il s’agit plus de mini scooter que de vélos mais ils sont assez faciles à manier et il ne nous aura fallu que quelques minutes pour nous y habituer. Nous nous rendons à la pagode Shwesandaw, au point de vue le plus réputé (car c’est la plus haute sur laquelle on peut monter).  Il y a déjà un peu de monde mais cela reste raisonnable et ne nous gâche pas le moment. Nous distinguons déjà (car le crépuscule était déjà levé à notre arrivée) certains temples et pagodes qui nous entourent. Les minutes passent et le soleil commence à pointer le bout de son nez. On se rend de plus en plus compte de l’ampleur du site. C’est incroyable ! La lumière vient caresser les 2000 et quelques monuments, la brume tarde à s’échapper et le site nous semble irréel comme sorti d’un songe. C’est magique de découvrir ce siteIMG_5698 unique de cette manière.

Nous vous l’avons déjà expliqué mais il est nécessaire pour votre compréhension, de vos rappeler qu’au Myanmar, lorsque l’on parle d’un monument sacré, on l’appelle généralement une pagode. C’est un lieu de prières et d’offrandes. Elle peut contenir de nombreux bouddhas et posséder plusieurs chapelles abritant des nats (esprits) qui assurent la protection des lieux.  Le stûpa est quant à lui une structure pleine en forme de cloche qui contient généralement des reliques de bouddha ou des objets sacrés. Il est couronné par une superposition d’ombrelles qui indique le nombre d’étapes à franchir pour atteindre le nirvana. Enfin, un temple désigne les bâtiments de structure carrée ou rectangulaire. Ces bâtiments sont généralement surmontés d’un petit stûpa.

Après avoir dégusté notre bon petit déjeuner au pied d’une pagode et pris un café dans une petite gargote, nous partons à la découverte du site sur nos minis scooters. Nous avons pas mal de difficulté à avancer sur les chemins de sable et manquons de tomber à plusieurs reprises.  Nous nous enfonçons vers New Bagan et découvrons des dizaines de pagodes et stupas sur le chemin. Nous pouvons pénétrer dans certains et découvrir de nombreux bouddhas et des anciennes peintures à l’intérieur. Sur d’autres nous pouvons grimper et admirer le paysage environnant. C’est assez surprenant car nous sommes la plupart du temps seuls sur le chemin ou dans les pagodes. Bagan attire, en effet, des milliers de visiteurs et nous nous attendions à « partager » les monuments avec de nombreux autres touristes. Mais le site est si étendu que, mis à part sur les principaux temples et pagodes, quelques coups de pédales suffisent pour se laisser happer par la tranquillité.

IMG_5819En plus d’être un site archéologique, Bagan est considéré dans le pays comme la véritable capitale des objets en laque. La laque est en fait la sève d’un arbre poussant dans l’état du Shan et la jungle du nord. Comme pour le caoutchouc, on entaille l’arbre et recueille la sève de couleur noir. La plupart des objets sont fait de fines bandes de bambous superposées, en teck, ou en crin de cheval ! La structure ainsi créée est enduite d’une première couche de laque, que l’on laisse sécher dans une cave pendant 5 à 10 jours selon la température et l’humidité ambiante. Ensuite on applique plus de 20 couches pour les plus beaux objets (mais la plupart n’ont qu’entre 7 et 12 couches). Une fois la dernière couche posée il reste à décorer l’objet à l’aide de couleurs qui remplissent les gravures effectuées au stylet.  Nous avons donc profité d’être aujourd’hui en mini scooter pour aller visiter un atelier dans le village de Myin Kaba. Bien évidemment, à la fin de la visite de l’atelier, il y a un passage obligé par la boutique et on ressent un peu la même sensation qu’en Inde et on se demande s’ils fabriquent réellement leurs laques ici ou si ce n’est qu’un « attrape touriste ». Nous n’achèterons donc rien mais avons  tout de même apprécié la visite et les explications que l’on a reçues.

Nous rentrons ensuite à l’hôtel car il commence à faire vraiment trop chaud (mais pourquoi le water festival ne dure pas plusIMG_5844 longtemps ???). En fin de journée, nous admirerons le coucher du soleil depuis un stupa très tranquille où nous sommes que 3 avec l’étudiant qui nous a gentiment (mais un peu intéressé quand même…) guidé jusqu’à ce lieu qui est son endroit préféré pour profiter des dernières lueurs du jour. Nous sommes de nouveau surpris de voir que comme au lever, nous avons l’impression que le soleil ne se couche pas à l’horizon mais au milieu du ciel. Nous ne savons pas trop pourquoi, peut-être à cause de la pollution ou de la brume permanente.

Les jours suivants, nous choisissons de louer des vélos car ils sont plus économiques que les minis scoots, et maintenant on sait où aller pour admirer les pagodes, stupas et temples.  Nous avons notamment visité les célèbres temples d’Ananda, d’Htilominlo, où nous avons fait la connaissance avec une jeune birmane qui souhaitait devenir guide, et de Dhammayangyi, repérable à sa forme pyramidale et son aspect très mastoc. En surface au sol, il s’agit du plus grand temple de Bagan. Nous avons également visité de nombreuses pagodes, donc la Shwezigon, la plus vénérée car elle abriterait un os frontal du bouddha. Un seul petit inconvénient à ces visites, les temples et les pagodes se visitent tout le temps pieds nus, et nous marchons très souvent sur des sols recouverts de crottes ou autres substances inconnus… Durant nos balades à vélo et au fil des rencontres, nous apprendrons que des 4000 pagodes, temples et stupa construits entre le XIe et le XIIIe Siècle, seul environ 2000, toutes tailles et formes confondus, tiennent encore debout. Ils constituent un patrimoine architectural fabuleux, un musée vivant à ciel ouvert. Les dégradations et destructions ont été causées par des intempéries et catastrophes naturelles : tremblements de terre (dont celui de 1975) et surtout, débordement du fleuve Irrawaddy.

Nous finirons notre visite de Bagan en se baladant dans le marché et le long du fleuve de Nyaung-U. Nous avons passé quatre très bonnes journées à Bagan et conseillons à tous ceux qui aiment découvrir des sites archéologiques, de venir découvrir l’unique Bagan.

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