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De Kalaw à Inle : un treck et des rencontres

Du 22  au 26 Avril 2014

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Après avoir passé toute la matinée dans le bus, nous arrivons à Kalaw où nous faisons la connaissance de Tim, un thaïlandais et Alyssa, une canadienne qui viennent dans cette région pour la même raison que nous : faire le treck d’une soixantaine de Km sur 3 jours qui permet de relier Kalaw au lac d’Inle à pied.

Après avoir trouvé avec Tim un hôtel, pas fou mais pas trop cher (Alyssa, quant à elle se retrouve dans celui d‘à coté qui s’avèrera beaucoup mieux), nous partons tous les 4 à la recherche d’une agence pour partir en treck le lendemain. Nous glanons des informations auprès d’une première compagnie et filons ensuite vers Sam Familly, agence recommandée par les guides et de nombreux routards. Il s’avère que cette agence, qui semble très sérieuse, est bien moins chère (le prix est dégressif en fonction du nombre de personnes). Nous réservons donc avec eux l’itinéraire N°1 (celui qui passe par la gare) et faisons la connaissance d’un couple d’espagnol, Mercedes et Julio avec qui nous partirons faire cette rando.

A 8h le lendemain matin, nous sommes tous au rendez-vous et faisons la connaissance de nos 2 jeunes guides : Klun Kyaw Hla, 19 ans qui étudie la philosophie, et Klun Soe Naing, 22 ans tous deux venant d’un village d’une ethnie Pa Oh (Il existe dans la région 7 ethnies différentes.). Pour votre information, le Myanmar compte environ 55 millions d’habitants et se caractérise par une très grande diversité ethnique (plus d’une centaine d’ethnies et autant de langues). Les principales sont les Shan à l’Est, les Karens au sud-est, les Môn au sud, les Kachin dans le nord-est et les Rakhine à l’ouest.

Ils sont très sympas, cuisinent très très bien et parlent plutôt bien anglais car l’agence Sam Familly les forme au métier de guide (et leur donne pour l’occasion des cours d’anglais). Sur les chemins, nous avons passé de longues heures à discuter avec eux. Nous apprendrons, par exemple, qu’à partir de 10 ans, ils devaient partir dans un village plus important pour pouvoir aller à l’école. Ils s’y rendaient le dimanche avec leurs provisions pour la semaine, vivaient dans une maison avec d’autres enfants du village, cuisinaient, et assumaient la vie loin de leurs parents. Le vendredi après la classe, ils rentraient chez eux. C’est incroyable de savoir qu’à 10 ans à peine, ils  vivaient déjà comme des adultes !!

En route, ils nous font découvrir leurs jeux d’enfants tel que la plante à bulle (qui permet de faire des bulles comme avec le savon), le sifflet bambou, les feuilles boum boum, les rampe à feux d’artifices, grimper aux arbres, fabriquer des lunettes avec du bambou, gouter du miel tout frais directement avec le morceau de ruche.. Nous avons vraiment passé de super moments en leur compagnie et on espère qu’ils arriveront à réaliser leurs rêves car tous les deux le mérite.

En fin d’après-midi le premier jour, nous arrivons juste à temps pour découvrir l’animation du coin : le train qui passe. Vous vous demandez surement pourquoi un train qui passe peut être une animation ? Et bien tout simplement car il n’y a pas d’accès par la route donc lorsque le train passe, les habitants du coin viennent vendre leurs récoltes aux voyageurs.

Alexis voulait absolument faire l’itinéraire n°1 pour cette gare car il était persuadé d’y trouver une gare marché. En découvrant tout d’abord la gare vide, nous avons bien rigolé avec Alyssa et en profitons pour se moquer un peu de lui et de sa gare… Mais d’un coup, le train arrive et on se retrouve entouré de plein de marchands. C’est vraiment incroyable, c’est un véritable marché qui débute pour quelques minutes. Tout le monde a le sourire (comme partout au Myanmar), nous en profiterons pour prendre de nombreuses photos des voyageurs et marchands qui sont plutôt ravis qu’on les immortalise. Cela restera un grand moment de notre treck. Merci Choup de nous avoir « demandé de choisir l’itinéraire n°1 »!

Les Paysages que l’on découvre le long de la route sont assez jolis, nous traversons des champs vallonnés composant un véritable patchwork de couleurs. Les paysans cultivent énormément de choux, fleurs, ails, piments… Ils utilisent des buffles pour labourer leurs champs, et cela crée de merveilleuses scènes de vie. Le travail n’est vraiment pas facile, ils se rendent dès 4h du matin dans les champs car après il fait vraiment top chaud, travaillent jusqu’à 9-10h puis se reposent et y retournent en fin d’après-midi. Lorsque nous arrivions dans les villages pour y passer la nuit, nous croisions de nombreux travailleurs sur le chemin de leurs maisons. Il est fréquent de voir toute la famille travailler ensemble, et croiser des femmes portant leurs serviettes oranges sur la tête (typique de l’ethnie Pa Oh).

Les villageois se retrouvent également sur les rives des rivières pour nettoyer leurs buffles dont ils prennent grand soin car c’est leur moyen de locomotion,  leurs compagnons de travail. Il n’est d’ailleurs, pas rare de voir de très jeunes enfants enfourché leur animal favori.

Sur les chemins, nous découvrons de nombreux villages où nous passerons à chaque fois de bons moments avec les enfants, passons devant des monastères où de jeunes novices passent leurs vacances d’été (les vacances scolaires sont en Asie aux mois d’avril et mai),

Le soir, nous partageons un moment avec les familles des villages qui nous accueillent pour la nuit et  dormons tous ensemble à même le sol dans la pièce principale de leur maison. Nous partageons toujours notre « chambre » avec Bouddha et notre première nuit avec une grande quantité de tomates. Les habitants nous ont d’ailleurs réveillés, sans le vouloir, lors de leur départ aux champs, à 4h du matin !!  Les villageois vivent dans des conditions très rudimentaires, n’ont généralement pas d’eau courante dans leur maison et disposent d’un réservoir (d’eau de pluie dans certains cas) qui leur permet de se laver au sceau dans le jardin, laver, faire la cuisine…

Comme on l’a déjà dit, nos jeunes guides sont de très bons cuisiniers et nous font découvrir la cuisine birmane. Pendant les semaines précédentes, nous avons bien essayé mais rien y faisait, à part le bon petit restau de Bagan et le curry dans la rue à Mandalay, nous n’avons rien trouvé de bien bon.. la cuisine étant généralement très très grasse et sans originalité. C’est donc un bonheur de voyager avec Klun Kyaw Hla et Klun Soe Naing, car enfin, nous mangeons bien !! Nous gouterons notamment, la salade de thé à la tomate et aux cacahuètes et auront le droit à des pancakes tout frais au petit matin….

Tout au long de ce treck nous nous lierons d’amitié avec les autres de notre groupe. Nous formerons  presque une petite famille difficile à quitter à la fin de ces 3 jours inoubliables. Nous passerons une grande partie de notre temps à discuter de tout mais surtout de la nourriture et du vin de nos pays respectifs qui commencent à réellement nous manquer. Les mots : raclette, tartiflette, st marcelin, côte de bœuf ou encore foie gras, pâté, saucisson mais aussi vin rouge, sont des mots qui nous font saliver à chaque fois que nous en parlons et nous nous prenons même à en rêver la nuit, ah là là, la cuisine française nous manque !!

Nous terminons notre treck le 3ème jour, au niveau de l’un des embarcadères du lac. On remonte ensuite en bateau jusqu’à Nyaungshwe. Lorsque l’on a réservé le treck, nous avions négocié avec l’agence Sam Familly de le finir par une balade en bateau sur le lac. Nous voici donc parti pour 4h de navigation, sur ce lac magnifique, à près de 900m d’altitude, dans sa ceinture de montagne.

Le lac Inle est le deuxième plus grand lac du pays, il mesure 20km de long sur 8-10km de large mais sa profondeur ne dépasse jamais les 5 ou 6 m et cela pendant la saison des pluies !! Cela dit, nous remarquons vite que ses limites sont assez floues car d’importantes zones marécageuses séparent la limite de l’eau de la terre ferme. Il abrite actuellement une quarantaine de village, et est habité par les Intha, qui ont bâtis leurs villages sur pilotis, dont une vingtaine directement au beau milieu de l’eau. On peut se demander pourquoi les Inthas se sont installés directement sur le lac et pas sur la terre ferme ? Tout simplement parce que les terres et montagnes étaient déjà occupé par les Shan. Ils créèrent donc leurs villages sur le lac même. Pour survivre, ils apprirent pas mal de métier : pécheurs, forgerons, tisserands (soie et fibre de lotus), joailliers (argenteries surtout) et principalement, celui d’agriculteurs, en ayant eu l’idée géniale d’installer des jardins flottants. Ceux –ci constituent une des grandes curiosités du lac. Ce sont des masses de végétaux, algues, jacinthes d’eau, herbes aquatiques mêlés inextricablement sur une hauteur de 1m environ et qui se sont formées au fil du temps sur les rives. Le Intha les découpent en bandes plutôt étroites mais longues et les tirent dans le lac. Ils les recouvrent alors de terre et de boue qu’ils ensemencent. Ces petites iles sont arrimées à des pieux fixés sans peine au fond de l’eau, vu la faible profondeur. Ils y font  pousser toutes sortes de salades, concombres, potirons, haricots mais la plus grande production demeure la tomate. Durant quelques mois d’ailleurs, le lac Inle approvisionne quasi tout le pays.

Le lac ne ressemble donc pas vraiment à un lac, mais plutôt à une vaste étendue d’eau parsemée de villages avec leurs habitations sur pilotis, leurs temples et leurs marchés flottants où les vendeurs échangent parfois directement de bateau à bateau.

Par chance, comme nous ne faisons pas le tour « classique » du lac, nous n’avons donc pas eu le droit à la tournée de tous les ateliers artisanaux des environs mais avons pû choisir ce que l’on voulait visiter. Nous nous sommes rendus à la pagode Phaung-Daw-U (où Alexis, formé par Tim, posera ses premières feuilles d’or sur 5 bouddhas), dans un atelier de tissage de la soie et des fibres de lotus, d’une fabrique de cigare et évidemment nous avons navigué à travers les jardins flottants. On a également pu voir les bateliers Inthas, debout à l’arrière de leurs bateau, manœuvrant la rame de la pirogue à l’aide de leur jambe, tout en gardant les mains libres pour la pèche. Cette technique à la verticale permet aussi de progresser dans les canaux très étroits sans s’empêtrer dans la végétation ou culture.

En arrivant à Nyaungshwe, nous nous rendons à l’hôtel que Sam Family nous avait réservé. Nous récupérons nos sacs et après un long moment d’hésitation, décidons de rester dans cet hôtel, qui encore une fois au Myanmar est plus que moyen pour le prix. Mais bon, nous avions réservé et il est difficile pour nous de ne pas honorer cette réservation.

En fin d’après-midi, Tim doit nous quitter et rentrer à Bangkok car dans deux jours c’est l’anniversaire de rencontre avec sa copine et il lui a promis d’être là… C’est trop mignon ! Ce fut une adorable rencontre avec ce jeune Thaïlandais de 25ans qui a étudié 10ans en Australie et qui est fan de snowboard… on ne peut pas dire que ce soit l’activité la plus populaire en Thaïlande… Mais c’était génial on a bien rigolé ensemble et c’est notre premiere rencontre avec Thaï backpacker, en tout cas « we miss you our child, Tim !! »

Le lendemain, nous nous rendons à vélo, au « Red Montain Estate » un vignoble Birman, pour gouter un bon vin rouge. Et nous finirons cette partie du voyage et allant voir, avec Alyssa, Mercedes et Julio,  un spectacle de marionnettes. C’est la forme la plus expressive de l’art birman et c’est très intéressant. Les marionnettes sont manipulées par une dizaine de fils (les plus sophistiquées en compte 60 !) et raconte des légendes créés autour des nats (esprits). Cet art nécessite du perfectionnisme et est généralement transmis de père en fils. Aujourd’hui, il est délaissé par les birmans et seule la présence de touriste permet de sauver les dernières troupes à Inle, Bagan ou Mandalay.

Nous avons passé, de nouveau, un très bon moment et repartons d’Inle des rencontres que l’on a pu faire sur ce bout de route…

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