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Potosi : La ruée vers l’ argent

Du 5 au 7 Septembre 2013

Hola mineros y mineras,

Avec Emilie et Thomas, nous décidons de quitter la douce Sucre pour partir vers Potosi et ses mines d’argent, qui se situe à 3h de bus environ. Ce qui normalement était un voyage court et simple se transforma en une petite galère : nous apprenons au terminal de bus qu’une « huelga » (grève) de mineurs bloque la route vers Potosi jusqu’à, normalement, 17h. Nous ne savons pas trop quoi faire mais finalement nous prenons un bus (Trans Real Audiencia) à 13h30. Arrivés vers 16h devant les piquets de grève, nous attendons une heure mais la situation ne s’améliore pas et semble durer jusqu’au lendemain matin. Nous continuons donc, à pied en espérant trouver un autre moyen de transport après le barrage, car franchement, à quasi 4000m d’altitude avec les gros sacs sur le dos, nous ne souhaitons pas marcher des heures. Par chance, au bout de quelques minutes seulement, un camion s’arrête et nous propose de nous emmener, dans sa benne,  jusqu’à Potosi pour 5 Bolivianos par personne. Bien évidemment, nous acceptons ! Nous passons à travers les champs pour éviter un second barrage et partageons un mémorable moment tous ensemble assis sur nos pneus. Nous arrivons enfin à Potosi après 7h de voyage. Nous trouvons un hôtel avec une suite pour nous 4 pour 100 bolivianos par couple (environ 11€). C’est très bien pour 2 jours car nous avons une salle de bain, 2 grands lits, un petit salon et un grand balcon. Le soir, au coin d’une rue, nous apprécions nos premières « salchipapa » (saucisses, frites, mayo, ketchup, moutarde à la Bolivienne), plat national car on en trouve partout.

Potosi est une ville inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco. Elle est située à 4090m d’altitude ce qui en fait la ville de plus de 100 000 habitants la plus haute du monde.  A chaque coin de rues, nous pouvons observer le « Cerro Rico » (Coline Riche) qui abrite les fameuses mines d’argent qui firent la richesse de Potosi : du XVIème au XVIIème  siècle,  Potosi était la plus riche ville d’Amérique Latine, voir même du monde à certaines époques. Elle est le symbole du pillage des ressources par la colonisation et fut au cœur de l’enrichissement de l’Espagne coloniale. Malheureusement, dès le début du XIXéme, les filons d’argent commencent à s’épuiser. Aujourd’hui, l’exploitation de l’étain et le tourisme relancent quelque peu l’économie de la ville.

Vous l’aurez donc compris, il est impossible de venir à Potosi sans visiter ses mines. Nous choisissons de passer par l’agence « The Big Deal » pour faire cette excursion car elle n’est composée que d’anciens mineurs qui travaillent en coopérative. Beaucoup peuvent penser que cette visite est un peu voyeuriste mais ils nous démontreront le contraire puisque les mineurs prennent plaisir à discuter de leur métier avec les touristes. Ils sont plutôt fiers et ne sont pas dérangés par notre présence, bien au contraire. Il faut savoir que les mineurs travaillent en famille ou entre amis et n’appartiennent à aucune entreprise privée ce qui leur donne une certaine liberté dans leur travail. Il ne faut quand même pas se cacher que le travail est rude : ils mangent de la poussière, travaillent la plupart du temps courbés en deux, ont une espérance de vie assez courte (entre 50 et 55 ans en moyenne) mais ils gagnent 2 fois plus qu’un professeur ou un policier.

Après s’être équipés de casques, vestes, pantalons, foulards et bottes, et une petite visite de l’usine de séparation des minerais, nous nous engageons dans les entrailles du « Cerro Rico ». Nous mettrons 2h à traverser cette montagne, parfois courbés en deux, parfois en ayant des difficultés à respirer, en manquant de tomber dans des liquides inconnus mais surement pas très sains et en se cognant la tête à plusieurs reprises. Nous croiserons plusieurs mineurs avec qui nous prendrons le temps de discuter de leur travail mais aussi de nous, nous partagerons même une gorgée d’alcool à 96° ! Nous nous arrêterons devant leur « Tio » (Oncle), sorte de dieu macho protecteur des mineurs. Cette belle mais éprouvante expérience nous aura montré à quel point leur métier est difficile, à quel point ils peuvent être fier d’eux même. C’est un moment unique et inoubliable que nous sommes ravis d’avoir vécu. En redescendant des mines, nous croiserons des cholas en train de jouer au foot avec leur fameuse jupe. Nous pensions qu’ici, le foot était réservé aux hommes, et bien non (nous en croiserons même plus tard à La Paz s’approprier la rue pour faire un match de foot !). En rentrant des mines et après une bonne douche, nous nous réunissons le soir, dans une « parillada » où nous nous régalerons d’une très bonne viande cuite au barbecue pou 25 Bolivianos, soit 3 € environ !

Le lendemain, nous partons à la découverte du reste de la ville, qui est mignon mais très pollué (Laetitia a failli vomir à cause des gaz d’échappement des microbus). Les rues étant très étroites, nous nous retrouvons très souvent dans un nuage noir de fumée. La visite du marché ne fut pas exceptionnelle, il y avait très peu d’activité, mais au milieu d’une allée nous découvrons une belle tête de taureau (voir les photos).  Sur l’une des places, nous croiserons un alignement de  baby-foot où petits et grands s‘y réunissent pour faire une partie (ce ne sont pas des Bonzinis ! Et les balles sont dures mais le plaisir d’y jouer reste intact). Nous verrons également un manège à l’ancienne, tourné par la force des bras de son propriétaire. Au moins les enfants ont toujours le sourire même avec une panne d’électricité ! Au fil des photos, nous nous ferons quelques fois disputer par les cholas et nous nous rendrons compte à maintes reprises qu’elles sont loin d’être aimables. Après avoir chacun manger un bon gros plat de gros (dédicace à Emilie) dans le fast-food local, Santa Cruz, nous rejoignons la centrale de bus où nous embarquons à 21h30 pour La Paz.

PS: Pour ceux qui n’ont pas lu l’article de Tarabuco, vous y trouverez la définition d’une chola.

PS2: Merci à Emilie et Thomas pour certaines de leurs photos qui apparaissent dans nos diaporamas

Map Location

Comments To This Entry.
  1. Matthieu Sgo. septembre 23, 2013 Reply

    Arf y’a un autre Matthieu ^^

    Les tenues de mineur vous vont à ravir !


  2. Anonyme septembre 22, 2013 Reply

    De la balle!!!! J espère que vous avez pris un peu de minerais !!!!


  3. Matthieu septembre 21, 2013 Reply

    Super article, et belles photos! Des bisous


    • Alety septembre 21, 2013 Reply

      C’est cool, merci!! Car franchement il était long à faire celui là!!
      A bientôt par mail et a dans 2 mois au Brésil!
      Des bisous les loulous!


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