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Le célèbre marché indien de Tarabuco

01 Septembre 2013

Pour nous rendre à Sucre le chauffeur des 3 derniers jours ainsi que le guide du routard, nous conseillent de prendre soit la compagnie « 6 de Octubre », soit « Trans Imperador ». Ils coûtent le même prix (60 bolivianos/pers, environ 6€) mais partent avec 1h de décalage. Comme nous allons arriver très tôt à Sucre, nous choisissons « 6 de Octubre » car elle nous permet de rester dans le bus jusqu’à 6h une fois arrivé.

Malheureusement, nous apprenons en arrivant que ce dimanche 1er Septembre est « la journée nationale du piéton »  (Ce « Bloqueo » n’autorise aucune circulation dans toutes les villes du pays de 7h00 à 17h00 : cette information n’était notée dans aucun guide). Du coup, le bus nous demande de descendre plus tôt que prévu (à 5h) car il n’aura bientôt plus le droit de stationner dans la ville. On se retrouve donc à chercher un hôtel pour 4 très tôt le matin, ce qui ne semble pas forcément évident.

Heureusement, le premier auquel on s’arrête (Wasi Masi), nous ouvre ses portes. Grego et Cecilia trouve de la place en dortoir et nous, nous avons la chance d’hériter d’un appartement pour 4 pour nous tout seul car il n’y avait plus de chambre double. L’appart a sa salle de bain, une cuisine indépendante, une chambre avec un grand lit et un étage avec une chambre pour 2 autres personnes, le tout pour le même prix qu’une chambre classique (120 Bolivianos, soit 12€ la nuit)! C’est Royal !

Nous sommes venus exprès à Sucre aujourd’hui car le marché de Tarabuco que nous souhaitons absolument voir ne se tient que les dimanches. Puisqu’aucune circulation n’est autorisée après 7h, nous avons juste le temps de prendre une douche et sauter dans un taxi qui passe devant notre hôtel. Il nous amène à l’arrêt des micros qui vont vers Tarabuco. Toujours à cause de ce « Bloqueo », beaucoup de locaux attendent les bus qui ne viennent pas et nous risquons de ne pas pouvoir y aller. Lorsqu’un bus arrive à 6h30, tout le monde se bouscule et se précipite pour y monter, on se rend compte à ce moment-là que l’on ne serait pas les bienvenus dans ce bus. Nous demandons donc à notre chauffeur de nous y conduire, il nous propose 350 bolivianos l’aller-retour, ça nous parait super cher mais nous n’avons plus trop le temps de réfléchir et nous acceptons car nous avons vraiment envie d’y aller (en temps normal, avec les bus touristiques, on en aurait eu pour 70 bolivianos aller-retour pour deux : Merci le « Bloqueo » !!).

IMG_3027Il faut savoir que Tarabuco est à une soixantaine de kilomètres de Sucre. Son marché, où s’y retrouvent tous les indiens des environs pour s’y échanger nourriture, vêtements, tissus etc…, est le plus célèbre de la Bolivie. Sa particularité vient du fait que les indiens arrivent à pied ou par camion habillés de leurs vêtements traditionnels, par exemple, certaines femmes portent « le joq’ullu », un chapeau en laine avec des perles de couleurs couvrant le front pour les femmes mariées, ou porté de côté chez les célibataires. Ce marché est généralement assez touristique mais finalement grâce à ce « Bloqueo » national, nous sommes les 2 seuls  étrangers à nous y balader. Nous nous sentons chanceux d’avoir accès à ce moment d’authenticité. Ce qui nous plait le plus est le « mercado campesino » où se déroule du troc entre indiens (par exemple, celui qui a des patates les échange contre des carottes) et où des gens chargent des carrioles entières de fournitures que nous retrouverons certainement dans les « tienditas » (petites boutiques) des villes alentours. On a vraiment l’impression d’être dans un marché de gros puisque les quantités exposées sont démesurées. Nous nous baladons au milieu de vendeurs de patates, d’épices ou de viande, mais aussi à côté de certains qui vendent tout ou n’importe quoi comme de l’ail, des épices, du thé, des éponges et des clous en même temps… (voir photos).IMG_2891

Tarabuco est transformée chaque dimanche en une véritable « ville marché ». On y vend de tout dans toutes les rues : des sandales en pneus très utilisées par les indiens, d’impressionnants sacs remplis de feuilles de coca, d’énormes sacs de popcorn, de pâtes, de riz, des trucs que l’on ne connait même pas !

Le coin de la viande ne fait pas rêver (on se demande comment on va pouvoir en manger en Bolivie). Vous verrez sur les photos l’espèce de napperon blanc en dentelle n’est pas en tissu mais bel et bien en gras de vache.. Mmm ça donne envie ! En plus on se demande comment la viande est conservée puisqu’il n’y a pas de frigo aux alentours.

IMG_2963C’est ici que nous voyons vraiment nos premières « Cholas », femmes boliviennes avec leurs deux longues tresses rejointes à la pointe par une attache toute spéciale avec une sorte de pompon en perle au bout, leurs jupes toutes identiques et leurs draps multicolores accrochés dans le dos leur permettant de porter enfant ou toute sorte de choses.

C’est également ici que nous voyons nos premiers vendeurs de glace et nous nous rendons compte que les boliviens en raffolent puisqu’après manger, les enfants, parents et grands-parents, tous ou presque, en ont une à la main (Nous verrons même à Sucre un peu plus tard le granité local).

Nous n’avons pas encore l’estomac assez accroché pour manger dans le marché où tout baigne dans l’huile et où se dégage une forte odeur écœurante.

Nous sommes ravis de déambuler plusieurs heures dans cet endroit folklorique et si atypique.IMG_3032

Vers 14h, nous repartons avec notre chauffeur tout en sachant que le « Bloqueo » est toujours maintenu à Sucre. Sur la route, nous prenons des indiens qui rentraient à pied (ils parlent Quechua et on ne comprend pas grand-chose), notre chauffeur est très inquiet de se faire arrêter par la police et de se faire enlever son permis. Tout le long du chemin, nous avons donc vraiment l’impression d’être des clandestins, nous nous arrêtons  à chaque coin de rues pour demander aux locaux s’ils savent où sont les barrages de police, nous essayons de passer par les champs mais nous crevons, et nous arrivons finalement devant des policiers où après quelques palabres et un peu d’argent (non sans rappeler l’Afrique à Alexis), ils nous laissent repartir sans attendre le lever du « Bloqueo » (nous sommes plutôt contents car nous avons failli rester coincer là pendant 2h !!).

Au final, nous aurons mis 4h environ pour rentrer à Sucre. Ce fut un moment riche en émotion du fait d’être au contact des locaux, de partager ces moments uniques avec eux, d’avoir un peu le stress d’être arrêtés par les flics et ne pas savoir si ils nous laisseront tranquilles, , et d’avoir pu prendre le temps de discuter avec notre chauffeur qui nous aura appris pas mal de chose sur sa vie de tous les jours.

Nous ne regrettons en aucun cas d’avoir payé un peu cher pour cette belle et enrichissante journée.

En rentrant à notre hôtel, nous profitons de notre appart, nous faisons la cuisine et au lit !

Map Location

Comments To This Entry.
  1. Les guinéens septembre 16, 2013 Reply

    Quelle bonne idee ce marché typique et surtout très coloré, il représente bien ce que l’on peut s’imaginer de l’Amerique Latine, merci les petits loups de nous faire partager votre expérience et continuer à nous faire rêver …..Bisous bisous!! Et à très bientôt .


  2. jeanclaude.zwang@dbmail.com septembre 15, 2013 Reply

    super nous partons bientôt en voyage bien moins loin et moins coloré mais bonne bouffe
    Bisous
    Jean claude et Chantal


    • Alety septembre 21, 2013 Reply

      Merci de nous suivre! Ca fait plaisir vos commentaires, car franchement ce blog nous prend tu temps!
      Et pour vous, c’était comment l’Alsace?
      Bisous!


  3. MOUNE septembre 14, 2013 Reply

    en effet, quelle chance vous avez eu de pouvoir vous rendre à ce marché, c’est sublime.
    A bientôt les enfants


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